Max Pallenberg : l’improvisateur qui a ancré le théâtre épique de Brecht

8

Max Pallenberg n’a pas seulement agi. Il s’est écrasé dans des scènes, souvent sans scénario, et la scène s’est penchée pour regarder. Né à Vienne en 1877, ce comédien autrichien est devenu le cœur d’un mouvement théâtral qui valorisait la réalité brute et brute au détriment des lignes polies. Son nom n’éclaire peut-être pas grand-chose aujourd’hui, mais son style spécifique de farce improvisée a contribué à façonner la façon dont le théâtre allemand a abordé la comédie pendant des décennies.

Comment le style de Pallenberg a changé la scène

Cela a commencé en 1909. Vienne. Revues et opérettes. Des trucs standards. Puis il s’installe à Berlin et atterrit au Deutsches Theater sous la direction de Max Reinhardt. C’était la grande pause.

Le talent de Pallenberg était désordonné. Il improvisait constamment. Cela a rendu ses partenaires de scène fous. Ils n’ont jamais su ce qu’il allait dire ensuite. Mais le public a adoré. Les critiques ont adoré. Il y avait une étincelle dans ces performances, un véritable sentiment « du moment présent » que les lignes scénarisées ne parvenaient pas toujours à capturer.

Le chaos de son improvisation créait une authenticité unique qui ressemblait à un secret partagé entre l’acteur et le public.

Reinhardt n’arrêtait pas de le lancer dans des farces, s’appuyant sur cette énergie sauvage. Mais au fur et à mesure que sa carrière progressait, Pallenberg prouva qu’il pouvait également se défendre dans des rôles plus structurés. Ce n’était pas seulement un bâillon. Il pouvait porter du poids.

Quels rôles ont défini sa carrière ?

Trois performances vraiment coincées.

  • Le caissier dans Morn to Midnight de Georg Kaiser
  • L’Aboyeur dans Liliom de Ferenc Molnar
  • Argon dans Malade Imaginaire de Molière

Ces rôles montraient de la diversité. Ils ont fait preuve de contrôle. Mais ils ne l’ont pas montré à son apogée.

Ce pic est arrivé en 1928.

Le Bon Soldat Schweik : Un chef-d’œuvre multimédia

Réalisé par Erwin Piscator. Bertolt Brecht a écrit l’adaptation. Jaroslav Hašek a fourni le roman source. La production s’appelait Le Bon Soldat Schweik.

Pallenberg jouait Schweik. L’opprimé déconcerté. L’homme écrasé par la bureaucratie.

Ce n’était pas une pièce normale. Piscator a construit un événement multimédia. Pensez aux personnages de dessins animés découpés, aux extraits de films d’animation, aux tapis roulants sur scène, aux panneaux et à l’éclairage abstrait. C’était bruyant, visuel et agressif. Le but ? Condamner la manipulation et l’insensibilité bureaucratiques de la manière la plus viscérale possible.

Pallenberg était le point d’ancrage humain de ce chaos. Il était le fleuret du spectacle de Piscator. Alors que la scène explosait d’images, Schweik restait confus, humain et tragiquement réel. C’était le contraste parfait.

Pourquoi Pallenberg a-t-il quitté l’Allemagne ?

Le climat politique du début des années 1930 en Allemagne est devenu toxique. L’épouse de Pallenberg était Fritzi Massary, une grande star de l’opérette. Massary était juif. Sous le régime nazi naissant, cela faisait de Pallenberg une cible, même s’il était un acteur allemand bien-aimé.

Il a été contraint de partir.

Sa mort a été aussi brutale que sa carrière avait été dynamique. En 1934, alors qu’il se rendait à une représentation théâtrale, il fut tué dans un accident d’avion à Karlsbad, en Autriche.