Les microrobots aériens à l’échelle des insectes atteignent une agilité à grande vitesse grâce au Deep Learning

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Le dernier robot volant à l’échelle d’un insecte du MIT a déchiffré le code du vol rapide et agile. Il est suffisamment petit pour se glisser dans des bâtiments effondrés après un tremblement de terre. Il est suffisamment rapide pour distancer les débris tombant de structures instables. Pendant des années, les microrobots ont été lents. Ils dérivaient sur des chemins lisses et prévisibles. Désormais, grâce à un nouveau système de contrôle IA, ils imitent les manœuvres erratiques et performantes de vrais insectes.

Les implications sont immédiates : de meilleures capacités de recherche et de sauvetage. Mais ce bond en performance est aussi une victoire pour l’ingénierie robotique elle-même.

Pourquoi les microrobots traditionnels échouent

Historiquement, les microrobots aériens étaient confrontés à deux contraintes majeures. Le matériel était fragile. Le logiciel de contrôle était rigide. Les chercheurs pourraient construire des cadres plus légers et des actionneurs d’ailes plus rapides. Mais sans un cerveau capable de traiter des éléments aérodynamiques complexes en temps réel, ces gains matériels sont restés inutilisés.

Les humains régnaient les contrôleurs à la main. C’était lent. C’était imprécis. Le robot ne pouvait pas exploiter son propre potentiel.

Kevin Chen, professeur agrégé au Département de génie électrique et d’informatique du MIT, a pris l’initiative de changer cela. Son équipe ne s’est pas contentée de peaufiner le matériel. Ils ont reconstruit le « cerveau » du robot. Le résultat ? Un système qui correspond à la vitesse et à l’agilité des insectes vivants.

Comment fonctionne le contrôleur AI

La solution n’est pas un algorithme unique. C’est un système en deux parties.

Tout d’abord, un planificateur expert utilise un modèle mathématique du mouvement du robot. Il prédit le comportement. Il sélectionne les actions optimales pour les itinéraires complexes. Il gère les virages serrés, les inclinaisons abruptes et les sauts périlleux consécutifs. Ce planificateur est lourd en termes de calcul. Cela nécessite une puissance massive. Il ne peut pas fonctionner en temps réel sur une puce électronique.

Ainsi, les chercheurs ont utilisé ce puissant planificateur comme enseignant.

Grâce à l’apprentissage par imitation, ils ont formé un modèle d’apprentissage en profondeur pour imiter les décisions du planificateur. Ce moteur de politique sert de décideur en temps réel au robot. C’est léger. C’est rapide. Il capture la robustesse du planificateur complexe sans la surcharge informatique.

“Si de petites erreurs se produisent et que vous essayez de faire ce retournement 10 fois, le robot s’écrasera. Nous avons besoin d’un contrôle de vol robuste.”

Indicateurs de performance : plus rapide et plus agile

Les résultats sont quantifiables. C’est radical.

Par rapport aux démonstrations antérieures de l’équipe de recherche :

  • Vitesse augmentée de 447 %
  • Accélération améliorée de 255 %

Lors des tests, le robot a effectué 10 retournements corporels consécutifs (sauts périlleux) en seulement 11 secondes. Il est resté à 4 à 5 centimètres de sa trajectoire cible malgré les perturbations du vent. Ce niveau de précision à l’échelle des insectes est sans précédent.

Le robot a également reproduit une saccade. Les insectes s’inclinent brusquement, accélèrent, puis reculent pour s’arrêter. Cela les aide à maintenir une vision claire lors de mouvements rapides. Le microrobot peut le faire aussi. Cette capacité pourrait éventuellement permettre à ces robots d’embarquer des caméras et des capteurs pour une navigation indépendante.

Le matériel derrière le logiciel

Vous ne pouvez pas voler à grande vitesse avec des ailes faibles. Le dernier modèle comporte des ailes battantes plus grandes, entraînées par des muscles artificiels mous. Ces muscles se déplacent d’avant en arrière à des vitesses extrêmes. Le cadre est plus durable que les versions précédentes. Ce n’est pas plus gros qu’une microcassette. Il pèse moins qu’un trombone.

Mais le matériel seul ne suffisait pas. Jonathan P. How, co-auteur principal et professeur en aéronautique et astronautes, note la synergie.

“Alors que l’équipe de Kevin démontre de nouvelles capacités, nous montrons que nous pouvons les utiliser. Le matériel a poussé le contrôleur. Le contrôleur a poussé le matériel.”

Recherche et sauvetage : un nouveau paradigme ?

Pourquoi est-ce important en dehors du laboratoire ?

Après un tremblement de terre, les survivants peuvent se retrouver coincés sous les décombres. Les quadricoptères sont trop gros pour pénétrer dans des espaces étroits. Ils s’écrasent facilement. Les insectes, cependant, se déplacent facilement dans les champs de débris. Ils évitent les obstacles. Ils s’adaptent au vent. Ils atterrissent sur des surfaces instables.

Ce nouveau microrobot vise à combler cette lacune. Il combine la taille d’un insecte avec la puissance de calcul nécessaire pour exécuter des manœuvres semblables à celles d’un insecte.

“Nous voulons utiliser ces robots dans des scénarios dans lesquels les quadricoptères traditionnels ne peuvent pas voler”, explique Chen.

Les prochaines étapes consistent à ajouter des capteurs indépendants. Actuellement, les robots s’appuient sur des systèmes externes de capture de mouvement pour la navigation. L’ajout de caméras embarquées permettrait un vol en extérieur sans surveillance. Les chercheurs explorent également la coordination des essaims. Plusieurs microrobots pourraient-ils travailler ensemble pour éviter les collisions lors de l’analyse d’une zone sinistrée ?

Quelle est la prochaine étape

L’article, publié dans Science Advances, marque un changement dans l’architecture de contrôle. Cela prouve que haute performance et efficacité peuvent coexister.

Mais le travail n’est pas terminé. Les capteurs sont le prochain obstacle. Le déploiement dans le monde réel est encore à venir. Pour l’instant, nous disposons d’un robot capable de faire dix sauts périlleux en onze secondes. Il vole plus vite que jamais. Cela ressemble moins à une machine qu’à un bug.

Est-ce l’aube des essaims de microrobots autonomes ? Peut être. Ou peut-être s’agit-il simplement d’un premier pas vers un rapprochement avec ce que la nature a perfectionné au fil de millions d’années.