La chasse commerciale au phoque n’est plus un phénomène mondial. Il s’agit d’un créneau en déclin, concentré dans trois pôles principaux : le Canada, le Groenland et la Namibie. Ensemble, ces régions représentent 60 pour cent des phoques tués chaque année. Cela se produit encore en Russie, en Norvège, en Islande et aux États-Unis, mais ces chiffres diminuent. Pendant ce temps, dans l’Arctique, les communautés autochtones continuent de chasser le phoque pour se nourrir. Cette chasse de subsistance ne suscite pas d’indignation. C’est considéré comme une survie. La chasse commerciale est une tout autre histoire. Cela déclenche un débat immédiat et enflammé.
L’argument économique en faveur de la chasse traditionnelle
Les partisans ne se cachent pas derrière le sentiment. Ils pointent du doigt l’économie. Dans les pays où cette pratique persiste, elle constitue un moyen de subsistance depuis des générations. Les phoques sont capturés pour leur peau et leur graisse. Les partisans soutiennent que cette activité maintient à flot des milliers de familles et d’entreprises dans le monde entier. Il s’agit d’une industrie traditionnelle aux racines profondes. Pour eux, l’interdire est une attaque contre l’indépendance économique.
Pourquoi les groupes de défense des droits des animaux ripostent
L’opposition est féroce. Les groupes de protection des animaux organisent des manifestations et des pétitions pour mettre fin au commerce. Leur principal argument est la cruauté. Les méthodes utilisées pour tuer les animaux sont graphiques et, pour beaucoup, inacceptables. Le Canada est le plus durement touché par ces critiques. Au Canada, il est toujours légal de tuer de très jeunes bébés phoques à l’aide d’un hakapik. Cet outil est un club avec une pointe en métal. Il est conçu pour écraser les crânes. Le visuel est dévastateur.
La Russie n’est pas d’accord avec cette méthode. Depuis 2009, la Russie a interdit l’abattage des bébés phoques de moins d’un an. Cela crée un contraste frappant dans la manière dont les différents pays réglementent la même industrie. C’est dans l’écart entre les besoins de subsistance et le profit commercial que se livre la bataille morale.
Comment les restrictions du marché tuent le commerce
Le commerce s’effondre sous son propre poids. Pas seulement à cause des protestations, mais à cause des fermetures de marchés. L’Union européenne a pris une décision décisive en 2009. Elle a interdit l’importation et la vente de produits à base de phoque sur son territoire. Cela inclut la graisse et la fourrure. L’impact a été immédiat et grave. Le marché européen avait auparavant généré près de 25 pour cent des revenus du Canada grâce aux produits du phoque. Cette source de revenus a disparu du jour au lendemain.
Les États-Unis avaient déjà mis fin à cette politique des décennies plus tôt. Le Marine Mammal Protection Act signé en 1972 a fermé les frontières américaines aux produits importés du phoque. Cette loi est antérieure au mouvement moderne de défense des droits des animaux, ce qui montre que le protectionnisme a commencé bien avant les campagnes virales actuelles.
Puis vint le coup final venu du Nord. Fin 2011, la Russie a interdit le commerce des peaux de phoque du Groenland sur son propre territoire. Cela a coupé un autre débouché potentiel aux chasseurs qui, autrement, auraient pu vendre à des acheteurs russes.
Ces décisions ont fait plus que simplement réduire les profits. Ils ont fondamentalement modifié la viabilité de l’industrie. Les revenus générés par la chasse commerciale au phoque ont chuté. L’infrastructure construite pour le soutenir est désormais sous-utilisée.
Il y a une note secondaire à cette histoire. Dans certaines régions, comme en Norvège, la chasse aux phoques est encore occasionnelle. Mais ce n’est pas pour le commerce ou la nourriture traditionnelle. C’est le contrôle de la population. Il limite le nombre d’animaux dans des eaux spécifiques. Cette pratique est sporadique. Cela ne stimule pas le marché. Cela ne suscite pas la même colère. Il existe dans la zone grise entre conservation et exploitation.
L’écriture est sur le mur pour le commerce. Les marchés ont disparu. Les réglementations se durcissent. L’opposition morale est bien ancrée. Ce qui reste n’est plus que l’ombre de ce qu’il était, luttant pour trouver sa pertinence dans un monde qui remet de plus en plus en question sa place.
