La poterie ancienne révèle les premières preuves de la pensée mathématique

2

Les découvertes archéologiques suggèrent que les humains étaient capables de penser mathématiquement il y a près de 8 000 ans, bien plus tôt qu’on ne le pensait auparavant. Une nouvelle étude révèle que les motifs des poteries anciennes de Mésopotamie démontrent une compréhension sophistiquée de la progression numérique, en particulier des puissances de deux. Cette découverte met en lumière les capacités cognitives du peuple halafien, qui vivait entre 6 200 et 5 500 avant JC, et remet en question les délais conventionnels pour le développement des mathématiques.

La percée halafienne

Des chercheurs de l’Université hébraïque de Jérusalem ont analysé des milliers de fragments de poterie découverts sur des sites archéologiques remontant à la fin du Néolithique. Parmi les fragments, 375 présentaient des motifs floraux. Étonnamment, ces fleurs affichaient systématiquement un nombre de pétales de 4, 8, 16, 32 ou 64 – une progression géométrique claire basée sur le doublement.

“Ce n’est pas un hasard ; c’est la preuve d’un savoir mathématique que nous n’avons trouvé dans aucune autre culture ancienne”, explique l’archéologue Yosef Garfinkel.

Les motifs ne se limitaient pas à de simples motifs floraux. Certains fragments présentaient des fleurs dans des motifs en damier, suggérant une application plus large des principes mathématiques dans les arts décoratifs.

Au-delà de la décoration : applications pratiques

Les arrangements numériques méticuleux sur la poterie halafienne s’étendaient probablement au-delà de l’esthétique. L’étude propose que cette compréhension mathématique ait été utilisée à des fins pratiques telles que le partage des terres et la répartition équitable des produits agricoles. La progression du doublement des nombres aurait été une méthode efficace pour diviser les ressources en parts égales.

Un système mathématique unique

Ce premier système mathématique diffère considérablement du système en base 60 (sexagésimal) développé plus tard par les Sumériens dans la même région. Alors que les mathématiques sumériennes ont influencé la chronométrage et la géométrie modernes, le système halafien représente une forme distincte et antérieure de pensée mathématique.

Les Halafiens semblent avoir maîtrisé cette progression mathématique des siècles avant l’émergence de systèmes plus complexes. Cela signifie que la première forme d’abstraction numérique était probablement beaucoup plus ancienne que ce que nous savions auparavant.

Implications et recherches futures

Cette découverte soulève des questions cruciales sur les origines de la pensée mathématique. Les Halafiens ont-ils développé ce système de manière indépendante, ou a-t-il été influencé par des cultures antérieures non documentées ? Des recherches plus approfondies sur les colonies et les artefacts halafiens pourraient fournir des informations supplémentaires sur l’évolution de la cognition humaine.

Les résultats démontrent que les concepts mathématiques complexes n’étaient pas exclusifs aux civilisations ultérieures. Le peuple halafien possédait une compréhension étonnamment avancée des relations numériques, remettant en question les hypothèses sur la chronologie du développement intellectuel.