L’intelligence artificielle s’intègre rapidement à la photographie, allant au-delà de l’autofocus de base pour offrir une assistance à chaque étape du processus. Nous avons testé cela en utilisant l’IA comme assistant à temps plein pendant une semaine, de la planification avant le tournage au post-traitement, pour voir dans quelle mesure elle fonctionne aux côtés de la créativité humaine.
Les résultats sont mitigés : l’IA excelle dans l’optimisation technique et la logistique, mais a du mal avec les nuances, l’imprévisibilité et l’intention artistique. C’est un outil puissant d’efficacité, mais ne remplace pas l’œil d’un photographe.
Planification préalable au tournage basée sur l’IA : rapide, mais pas infaillible
Nous avons chargé l’IA de planifier une séance photo de paysage dans un lieu proche. Bien qu’il ait initialement mal identifié la zone, il a rapidement corrigé grâce à des conseils, puis généré des suggestions de points de vue, des heures de prise de vue optimales basées sur le lever/coucher du soleil et des rappels logistiques.
Le principal avantage était la rapidité : l’IA a condensé les informations provenant de plusieurs sources en une seule réponse. Cela ne remplace pas les applications spécialisées, mais constitue un premier passage rapide pour évaluer la viabilité du tournage. La précision de l’IA est rassurante, mais elle souligne la nécessité d’une vérification humaine.
Pour des scénarios complexes comme l’astrophotographie, l’IA peut résumer rapidement des variables (position du ciel, angles) qui nécessiteraient autrement un calcul manuel. Cependant, ce n’est pas infaillible et nécessite des recoupements.
Paramètres de la caméra : techniquement solides, mais manquant de vision artistique
L’IA a fourni des points de départ judicieux pour l’ISO, l’ouverture et la vitesse d’obturation en fonction du modèle d’appareil photo, de l’objectif, du sujet et de l’heure de la journée. Surtout, il a expliqué son raisonnement, identifiant même des caractéristiques spécifiques au paysage comme les toits en pierre calcaire.
Ses recommandations donnaient la priorité à la convivialité plutôt qu’à la créativité ; des paramètres conservateurs produisaient des images immédiatement utilisables. Cela pourrait renforcer la confiance des débutants, mais l’IA ne peut pas prendre en compte l’intention artistique, qu’il s’agisse d’accepter le bruit pour un moment décisif ou de sacrifier la netteté pour l’atmosphère. Ces décisions restent fermement du domaine du photographe.
Données météorologiques et atmosphériques : une liste de contrôle utile, pas un remplacement
L’IA s’est révélée la plus prometteuse dans l’interprétation des données météorologiques, expliquant pourquoi certaines conditions sont importantes. Par exemple, il a traduit des mesures techniques en langage simple, ce qui a permis de déterminer plus facilement si des prévisions marginales valaient la peine d’être poursuivies.
C’est là que l’IA brille vraiment : en condensant des informations complexes en une liste de contrôle compréhensible. Il résumait les images satellite et les prévisions concernant le ciel nocturne avec une précision surprenante.
Toutefois, les outils dédiés à l’astronomie et à la météorologie restent plus précis. L’IA a tendance à simplifier à l’excès l’incertitude, en présentant des solutions sûres là où l’ambiguïté existe.
Post-traitement : Nuance nécessite toujours une touche humaine
Les algorithmes de réduction du bruit et de netteté basés sur l’IA sont désormais matures, améliorant sélectivement les détails tout en préservant la texture. Mais l’IA peut se montrer brutale : un traitement excessif aboutit à des images synthétiques et sans vie. Les ajustements subtils restent le domaine de l’œil humain.
L’IA aide à automatiser les tâches de routine, mais elle ne peut pas reproduire le jugement nuancé requis pour un post-traitement véritablement artistique.
Le verdict : l’efficacité, pas le remplacement
Après une semaine de tests, l’IA s’est avérée très utile pour l’optimisation technique, la préparation et l’organisation. Il connaissait l’emplacement, la météo, les horaires optimaux et même les détails logistiques comme le stationnement.
La limitation critique est l’émotion et l’imprévisibilité. L’IA ne peut pas comprendre pourquoi un photographe pourrait enfreindre les règles ou adopter des conditions imparfaites. Il lui manque l’intuition nécessaire pour capturer les nuances du monde réel.
En fin de compte, l’IA est mieux considérée comme un assistant de bureau qui affine les décisions techniques, et non comme un substitut à la créativité humaine. Disposer d’une liste de contrôle d’équipement sur mesure en fonction des conditions météorologiques s’est avéré étonnamment utile.
Le véritable avantage de l’IA n’est pas de répondre aux questions, mais d’en poser de meilleures. Ses réponses incluaient parfois des facteurs que nous n’avions pas pris en compte, ce qui incitait à une réflexion plus approfondie. Si vous acceptez ses suggestions, cela peut être un outil précieux. Mais cela ne remplacera pas les démarches, l’expérience ou le jugement.
