Les Néandertaliens se soignent eux-mêmes avec du goudron de bouleau : utilisation d’antibiotiques anciens confirmée

19

Les Néandertaliens n’étaient pas seulement des chasseurs et des outilleurs expérimentés ; ils possédaient également un degré surprenant de connaissances médicales. De nouvelles recherches confirment que ces hominidés disparus utilisaient probablement du goudron de bouleau – une substance collante dérivée de l’écorce d’arbre – comme antiseptique pour traiter les blessures. Les résultats renforcent les preuves croissantes selon lesquelles les Néandertaliens recherchaient activement des plantes et des matériaux médicinaux pour combattre les infections et gérer les blessures.

Propriétés inattendues du goudron de bouleau

Le goudron de bouleau est reconnu depuis longtemps comme adhésif, notamment utilisé pour fixer les outils en pierre sur des manches en bois. Cependant, des expériences modernes démontrent que cette substance présente également de puissantes propriétés antibiotiques quelle que soit la manière dont elle est produite. Des chercheurs de l’Université d’Oxford ont testé diverses méthodes de création de goudron de bouleau, techniques de mise en miroir que les Néandertaliens auraient pu utiliser.

L’équipe a collecté de l’écorce de bouleau et a utilisé trois méthodes : un feu de structure surélevé, une simple méthode de condensation sous une pierre et un processus moderne de chauffage en étain scellé de style Mi’kmaq. Tous les échantillons sauf un se sont révélés efficaces contre Staphylococcus aureus, une bactérie courante dans les infections cutanées. Le goudron le plus puissant provenait du bouleau argenté en utilisant la méthode de la structure en relief.

Le savoir autochtone confirme une pratique ancienne

Ce n’est pas simplement de la spéculation. Les communautés autochtones, comme les Mi’kmaq de l’est du Canada, utilisent depuis des siècles le goudron de bouleau – connu sous le nom de maskwio’mi – comme antibiotique à large spectre. Ces connaissances traditionnelles concordent avec les résultats expérimentaux, suggérant que les Néandertaliens pourraient avoir découvert indépendamment des applications médicinales similaires.

Pourquoi c’est important : au-delà de la simple colle

Cette découverte remet en question la vision étroite des Néandertaliens en tant que survivants primitifs. Bien que l’utilisation d’adhésifs soit claire, réduire le goudron de bouleau à seulement cette fonction ignore son potentiel plus large. Comme le note le chercheur Tjaark Siemssen, « réduire le cas d’utilisation à une seule chose… est potentiellement assez trompeur ». Les Néandertaliens ont probablement compris et exploité les multiples facettes de leur environnement, notamment ses propriétés médicinales.

Mises en garde et recherches futures

Certains chercheurs, comme Karen Hardy de l’Université de Glasgow, se demandent si les Néandertaliens fabriquaient délibérément du goudron de bouleau spécifiquement pour sa valeur médicinale. Son obtention est un processus complexe, et d’autres plantes facilement disponibles possèdent des propriétés médicinales naturelles sans nécessiter une préparation aussi approfondie.

Cependant, des découvertes antérieures soutiennent l’idée d’une automédication néandertalienne. Une personne souffrant d’un abcès dentaire semble avoir consommé des plantes aux effets analgésiques et anti-inflammatoires, tandis que des preuves suggèrent qu’elle a également mangé de l’achillée millefeuille et de la camomille – des plantes sans valeur nutritionnelle mais à usage médicinal connu.

En conclusion, l’étude renforce l’idée selon laquelle les Néandertaliens ne se contentaient pas de réagir à la maladie, mais recherchaient de manière proactive des remèdes. Leur utilisation du goudron de bouleau comme antibiotique potentiel met en évidence une compréhension sophistiquée des ressources naturelles et un niveau d’ingéniosité médicale auparavant sous-estimé.